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[Le résumé] Sciences et IA au service des enquêtes

Tours 2025

12 Mar 2025

Entre avancées technologiques et limites des nouveaux outils, les enquêteurs prennent en main ces instruments parfois critiqués.
Frédéric BRARD, Yoann NABAT, Laurent PENE et Benoît TONSON. Photo : Maureen Decor/EPJT.

Avec le lieutenant-colonel Frédéric BRARD directeur de l’enseignement et de la recherche du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN), Yoann NABAT maître de conférence en droit privé et sciences criminelles, Université Bordeaux Montaigne), Laurent PENE sous-directeur adjoint du numérique et de la biométrie du service national de police scientifique (SNPS).

Animée par Benoît TONSON (The Conversation), en partenariat avec l’Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI).

 

Les enjeux

Avancées scientifiques, intelligence artificielle… De plus en plus d’outils de travail sont mis à disposition de la police judiciaire pour résoudre enquêtes et cold case. Cette multiplication des moyens de recherche et d’analyse révolutionne leur manière de travailler. Quels impacts ? Quelles limites ? Dans quel cadre ces outils sont-ils utilisés pour prévenir la délinquance et la criminalité ?

 

Ce qu’ils ont dit

Lieutenant-colonel Frédéric Brard (PJGN) : « D’un point de vue purement scientifique, il est plus intéressant de mettre dans le fichier les « traces partielles » (ADN, etc…) des personnes ayant déjà commis des infractions que l’ensemble de la population. »

Laurent Pene (SNPS) : « Aujourd’hui, on est à trois millions de personnes qui sont entrées dans le fichier, mais ce n’est pas un chiffre qui est en constante augmentation. Il existe un droit à l’effacement qui permet de sortir de ce fichier sous certaines conditions. »

« Un des éléments clés de la résolution des cold cases, c’est la conservation des scellés. Aujourd’hui, dans de nombreuses affaires, des scellés ont été détruits à cause de la prescription. »

Yoann Nabat : « La loi d’expérimentation de la VSA (vidéosurveillance automatisée) pour les JO consiste à traiter les images, recueillies par les caméras de vidéosurveillance, par une IA. Elle a été entraînée à reconnaître certains scénarios comme des bagages abandonnés. Là on met les pieds dans quelque chose de dangereux. »

« Cette IA a confondu des sans-abris avec des bagages abandonnés car ils ne bougeaient pas ! Et c’est cette loi d’expérimentation qui va être prolongé jusqu’en 2027 (ndlr : le projet de loi sera étudié au Parlement les 17 et 18 mars). » 

À retenir

Ces avancées technologiques et scientifiques sont un véritable bouleversement dans le domaine judiciaire. La manière d’enquêter, de rechercher, d’analyser… tout va plus vite. Tout ? Si les intervenants s’accordent sur l’utilisation de nouveaux outils scientifiques pour retrouver des suspects, celle de l’IA semble plus sensible. La prolongation de l’expérimentation de loi de vidéosurveillance algorithmique jusqu’en 2027, qui vient d’être validé en commission parlementaire, pose question. Son inefficacité est liée à de nombreuses erreurs techniques. Mais ces outils sont encore perfectibles, estiment les intervenants, même si leur utilité reste critiquée par une partie de l’opinion publique.

 

Antoine CARRE (EPJT)