Avec Lucie ANIZON, directrice des opérations de Coop-médias, François BONNET, président du Fonds pour une Presse Livre (FPL), Loup ESPARGILIÈRE, rédacteur en chef de Vert, Vincent SOCCODATO, responsable de département au Relais Culture Europe et Mathieu SZERADZKI, chef du bureau du régime économique de la presse au service des médias DGMIC.
Animé par Jacques TRENTESAUX, cofondateur de Mediacités
LES ENJEUX
Comment obtenir des aides ? Est-il possible d’avoir un autre modèle économique que l’abonnement ? Les grands groupes de presse sont-ils trop vorace ? Financer son projet n’est pas impossible, mais c’est un environnement très concurrentiel et la situation ne risque pas de s’arranger avec les nouvelles coupes budgétaires à venir. L’important reste avant tout d’avoir des lecteurs fidèles et d’essayer de trouver un modèle rentable.
CE QU’ILS ONT DIT
François BONNET (président du Fonds pour une Presse Livre) : « Le FPL, la presse indépendante, peut ne plus exister. Il suffit simplement de regarder pour ça les amendements déposés par le RN dans nos discussions budgétaires, ça fait partie de leur programme. »
Vincent SOCCODATO (responsable de département au Relais Culture Europe) : « Dès qu’il y a cette dimension de collaboration européenne et de projets européens, on peut bénéficier de ces aides. Le programme Europe Créative dédié au financement de projets d’éducation aux médias et d’information peut aller jusqu’à 70% du budget total (dans un maximum de 2 millions d’euros) »
Lucie ANIZON (directrice des opérations de Coop-médias) : « Nous, on n’est pas là pour prendre une part du gâteau, mais pour le faire grossir. Et il y a des citoyens qui sont engagés et qui sont prêts à mettre la main à la poche. »
Mathieu SZERADZKI (chef du bureau du régime économique de la presse au service des médias DGMIC) : « Les aides à la presse, c’est environ 200 millions d’euros par an pour 450 titres, en majorité des petites structures de presse. Mais jamais l’État ne vient faire preuve d’ingérence éditoriale, je tiens à le souligner »
Loup ESPARGILIÈRE (rédacteur en chef de Vert, le média) : « Il y a une opacité sur l’obtention des aides pour les grands groupes. Les petites structures sont obligées d’être rentables économiquement, mais certains géants restent structurellement déficitaires »
Jacques TRENTESAUX (co fondateur de Mediacités) : « Il faut rappeler qu’une guerre ne se prépare pas avec des armes uniquement, mais aussi avec une presse indépendante »
A RETENIR
Selon les intervenants, il faut plus de transparence dans l’obtention des aides de la part de l’État. La presse, qu’elle soit indépendante ou non, est attaquée entre autres par l’extrême droite. Mais des succès stories sont tout de même encore possible. Le public est là et prêt à contribuer pour obtenir de l’information de qualité. L’inquiétude quant au soutien du gouvernement à la presse grandit mais des modèles parallèles notamment coopératifs ont, grâce à cela, commencé à émerger.
Eraliyah EBONGUE/EPJT