Avec Olivia HICKS, médecin du travail pour l’Agence France Presse (AFP), Laurent BRUNEL, coordinateur de la filière Journalisme de proximité de l’ESJ Lille et Marie TRANCHANT, responsable pédagogique à l’ESJ Lille.
Les enjeux
La santé mentale des journalistes est régulièrement mise à mal. Ils sont en première ligne face à l’actualité anxiogène. Au-delà des journalistes qui couvrent des guerres, l’ensemble de la profession est concerné par ce phénomène. Il est donc primordial d’échanger sur ce sujet, mais aussi d’apprendre les quelques techniques qui permettent de se ménager sur le terrain.
Ce qu’ils ont dit
Olivia Hicks (médecin du travail pour l’Agence France Presse) : « Un traumatisme, c’est une confrontation à la mort ou à la blessure physique, psychologique ou sexuelle. »
« 5 à 12% de la population générale est concernée par les troubles post-traumatiques. C’est à peu près 25% chez les journalistes. »
« Les inondations, les incendies, les faits-divers, les violences sexistes et sexuelles sont aussi traumatiques pour les journalistes qui les couvrent. »
« Sur le terrain, il existe plusieurs techniques pour se protéger comme se pincer légèrement ou se tapoter les épaules, afin de s’ancrer dans le réel et « revenir à soi-même ». »
Laurent Brunel (coordinateur de la filière Journalisme de proximité de l’ESJ) : « Les journalistes régionaux ne peuvent jamais vraiment savoir ce à quoi ils seront confrontés, contrairement aux reporters de guerre qui savent où ils vont. »
« Les jeunes générations de journalistes sont plus sensibilisées à ces questions et veulent parfois davantage couper du journalisme pour se protéger. »
À retenir
Tous les journalistes sont concernés par la question de la santé mentale et du stress post-traumatique. Peu importe leur spécialisation, ils sont tous régulièrement confrontés à des récits bouleversants, à des images choquantes et traitent d’une actualité très souvent difficile.
Il existe plusieurs techniques pour se prémunir de ce stress et du traumatisme en lui-même. La préparation de son reportage et l’anticipation du terrain sont absolument nécessaires. C’est notamment ce travail préparatoire qui permet de limiter le risque traumatique, qui est lui-même induit par une confrontation à l’imprévu.
Antonin JOUISSE (EPJT)