Avec Justine REIX, autrice pour plusieurs producteurs de contenus sur YouTube, Patricia TOURANCHEAU, journaliste, autrice et réalisatrice et Vincent VANTIGHEM, journaliste au service Police-Justice de BFMTV.
Animé par Marie TRANCHANT, responsable pédagogique de l’ESJ Lille et Laurent BRUNEL, responsable pédagogique de la filière presse de proximité de l’ESJ Lille.
Les enjeux
Livres, podcasts, streaming, mini-séries… Les formats pour raconter les faits divers se diversifient et ont un fort succès. Mais comment retranscrire au mieux un drame sans tomber dans le trash ? Quels sont les avantages de chacun des formats ? Pourquoi un tel engouement pour les faits divers ? Comment se protéger en tant que journaliste ?
Ce qu’ils ont dit
Justine REIX (autrice pour plusieurs producteurs de contenus sur YouTube) : « Quand on fait de la télévision, on travaille plus dans l’urgence. On a moins le temps d’avoir une vraie relation avec les familles des victimes par rapport à des projets au long cours. »
« Dans certaines vidéos Youtube, c’est possible de faire appel à des illustrateurs pour imager la voix off. Ça permet d’avoir une certaine distance. L’idée, c’est de ne pas être trop trash. »
Patricia TOURANCHEAU (journaliste, autrice et réalisatrice) : « Ce qui est important, c’est l’angle. L’affaire de Guy Georges, je l’avais déjà beaucoup traitée. Donc dans la série, on a choisi de faire un angle différent avec le point de vue des femmes de l’affaire. »
« Je me suis aperçue que les petites nouvelles rassemblées dans un livre, c’est un format qui fonctionne bien. Quand je vais dans les salons, beaucoup de personnes me disent que ça leur plaît, car c’est plusieurs histoires différentes. »
Vincent VANTIGHEM (journaliste au service Police-Justice de BFMTV) : « Quand on raconte une histoire, le faire en disant « je », c’est pour moi très compliqué. Le sujet ce n ‘est pas nous. Les gens veulent savoir ce que pensent les familles, les magistrats… On est là pour rapporter des faits. »
« On a tous une espèce de barrière pour se protéger. Ça nous permet de prendre de la distance. Mais ça arrive que je décide de ne pas couvrir un événement. Quand des aspects de notre vie ressemblent à une affaire, c’est difficile de ne pas faire un transfert. »
« Je pense que la fascination des gens pour les faits divers vient peut-être du fait qu’ils se disent « Il y a pire ailleurs ». Ça les rassure probablement de se dire que dans leur vie, ça va et que les monstres sont ailleurs. »
À retenir
Mini-séries, podcast, livres… Les différents formats pour raconter les faits divers arrivent de plus en plus à s’imposer dans l’univers journalistique. Ceux-ci permettent de raconter des affaires en touchant un plus large public. Mais pour que cela soit pertinent, il est important de valoriser les faits et témoignages, plus que de s’attarder sur le journaliste qui les a couverts.
Louise CLERGET (EPJT)