Avec Gaspard G, créateur de contenus sur YouTube, Stéphanie PEREZ, grand reporter pour France Télévisions, Hervé BRUSINI, président du Prix Albert Londres, Justine RYST, directrice générale de YouTube France, Agnès VAHRAMIAN, directrice de France Info et Charles VILLA, réalisateur et créateur pour YouTube
Animé par Jamie SMITH-MAILLET, journaliste pour la BBC, The Herald et enseignant à l’École Publique de Journalisme de Tours (EPJT).
Les enjeux
Créateurs de contenus et journalistes : l’impossible entente ? Pas si sûr… Les intervenants se sont interrogés sur la place du journalisme sur les réseaux sociaux et comment cette nouvelle pratique est venue bousculer les habitudes des médias traditionnels. Malgré des différences évidentes, notamment sur le format, les créateurs de contenus et journalistes partagent la même volonté de transmettre de l’information juste et fiable à tous les publics. L’occasion de débattre sur les pratiques journalistiques et les manières de faire front contre la désinformation.
Ce qu’ils ont dit
Gaspard G (créateur de contenus sur YouTube) : « On essaie de produire du magazine autour des grands enjeux de société, de faire du journalisme lent. »
« La plupart des moins de 30 ans s’informent par les réseaux sociaux, je trouve ça important qu’ils aient accès à de l’information politique. »
Stéphanie PEREZ (grand reporter à France Télévisions) : « Étant donné qu’on veut être le premier à sortir l’information, on doit faire attention à éviter la précipitation et bien vérifier nos informations.»
« On a été obligés de revoir notre façon de penser pour que les jeunes puissent voir nos reportages. »
Hervé BRUSINI (président du Prix Albert Londres) : « Les créateurs de contenus sur les réseaux sociaux ont secoué l’arbre du journalisme. »
« Le numérique a bousculé le journalisme et en particulier celui de la télévision. Grâce aux créateurs de contenus, on revient au temps réel de l’information. »
Justine RYST (directrice générale de YouTube France): « Il y a 500 heures de contenus téléchargés toutes les minutes sur Youtube. »
« Sur Youtube, il y a un travail avec un maillage de signaleurs de confiance qui sont des associations comme la Licra et qui sont prioritaires pour nous signaler des contenus.»
Agnès VAHRAMIAN (directrice de France Info) : « La télévision n’a pas encore brisé tous les codes, mais on a essayé de raconter les coulisses des enquêtes, de faire de l’incarnation, de tester tous les modes de narration. »
« On doit créer du contenu qui a du sens, de la valeur et qui est fiable. »
Charles VILLA (réalisateur et créateur pour YouTube) : « Ce que je voulais voir à la télé, je l’ai fait sur Youtube. »
« Le modèle économique sur YouTube n’est pas facile. J’ai fait le choix de ne pas faire de placements de produits mais j’ai eu le soutien du CNC pour mes reportages et j’ai des revenus AdSense qui proviennent de YouTube.»
À retenir
Journalistes et créateurs de contenus ne doivent pas être mis en opposition car ils sont souvent complémentaires. Tous doivent travailler ensemble afin de défendre une information fiable. Les réseaux sociaux sont une manière de toucher un public jeune qui ne regarde plus nécessairement la télévision. Pour certains, les deux professions tendent à être confondues car leur objectif final est le même : informer.
Léonie BAUD (EPJT)