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[Le résumé] Carte blanche à Fabrice Drouelle

Tours 2025

13 Mar 2025

Fabrice Drouelle, présentateur d'Affaires sensibles sur France Inter, était aux Assises du journalisme de Tours. Il a pu répondre aux questions du public venu en nombre.
Fabrice Drouelle aux Assises du journalisme de Tours. Crédit photo : Thomine DUPONT/EPJT

Avec Fabrice DROUELLE, journaliste France Inter et présentateur de l’émission Affaires sensibles.

Animée par Mejdaline MHIRI, journaliste indépendante.

 

Les enjeux

Les faits divers, sa voix ou encore le choix des sujets. Pendant une heure, Fabrice Drouelle a balayé plusieurs thématiques devant le public des Assises du journalisme. Un public qui a rempli l’auditorium Ronsard du Palais des Congrès de Tours. De nombreuses personnes ont également pu poser quelques questions au présentateur star de France Inter.

Ce qu’ils ont dit

Fabrice Drouelle (présentateur d’Affaires sensibles) : « Je sais que ma voix a un impact mais je n’ai aucun mérite. J’ai la voix que la loterie génétique m’a donné. Si elle est confortable tant mieux, mais je ne la travaille jamais. À 30 ans ou 40 ans, j’étais moins a l’aise qu’aujourd’hui. »

« Avant les émissions, je reçois un texte écrit par un auteur. Je vais le réécrire, faire en sorte que la structure de la phrase s’adapte à mon oralité. J’apporte des éléments d’analyse et un point de vue. Je ne crois pas à l’objectivité. Je raconte des histoires via une grille de valeurs. »

« Le théâtre m’a apporté beaucoup pour Affaires sensibles. Il est clair que dans la première phase, le travail est purement journalistique. La deuxième phase, celle du micro, est une approche de comédien. »

« Le fait divers est naturellement le plus adapté à l’appétence du scénario et du récit : il y a un phénomène d’identification très fort. 90% des faits divers concernent monsieur et madame tout le monde. Quand on voit des gens comme nous dans ces situations on se dit : “ça peut nous arriver”. »

À propos du meurtre de Marie Trintignant par Bertrand Cantat : « Il y a six ans, je parlais de crime passionnel au lieu de féminicide. On était dans la vieille logique judiciaire : à charge, à décharge. Non, c’est un féminicide, il n’y a pas de circonstances atténuantes. »

« Les radios du service public sont les plus porteuses de liberté de ton. Sur France Inter, malgré tout, cette liberté reste la plus forte du paysage radiophonique français. Pas une seule fois une direction de France Inter ne m’a empêché ou contrôlé. »

« Les sujets viennent de partout. Les gens des couloirs en proposent, ceux d’autres émissions. À chaque fois que je vais voir des amis ou de la famille, je repars avec une idée… On n’est jamais à court et on ne le sera jamais car l’actualité fabrique les prochaines Affaires sensibles. »

À retenir

Fabrice Drouelle défend une radio de l’offre : « On raconte quelque chose qui n’est pas votre truc. Et bien venez. », illustre-t-il. Le choix des sujets vient de tout le monde : équipe de l’émission, confrères de France Inter, amis, famille… et même auditeurs. Mais toujours dans cette logique de l’« l’offre », le présentateur et ses collègues ne préfèrent pas suivre trop souvent les recommandations de l’audience. Selon lui, le refus de céder à ses attentes explique le succès d’Affaires sensibles. Un succès visible jusqu’au Palais des congrès : l’auditorium était rempli pendant l’intervention du journaliste.

Jules Frécon (EPJT)