Avec Serge BARBET, directeur du CLEMI ; Audrey RADONDY, intervenante Éducation aux Médias pour La Chance, pour la diversité dans les médias ; Étienne MILLIEN, directeur de l’Association pour l’Éducation aux Médias (APEM) ; Jean-Christophe THEOBALT, chargé de mission à la DG2TDC au sein du ministère de la Culture.
Animé par Camille LAFRANCE, directrice de Fake Off.
Les enjeux
Avec les coupes budgétaires, l’Éducation aux médias et à l’information, est mise à mal. En parallèle, une circulaire de janvier 2022 souhaite renforcer l’EMI pour les élèves du premier et du second degré. Avec, par exemple, 18 heures de cours par an accompagnées de guides pour aider les enseignants. Mais est-ce réellement possible ? Pour y voir plus clair, les États généraux de l’information de 2024 ont dressé le bilan.
Ce qu’ils ont dit
Serge Barbet (directeur du CLEMI) : « L’Éducation aux médias et à l’information (EMI) n’est pas enfermée dans l’enseignement moral et civique, c’est un enseignement transversal. »
« L’EMI n’est pas une option à l’école, elle se retrouve dans beaucoup d’endroits dans le cursus scolaire. »
« Le pluralisme et l’indépendance doivent primer quand on parle d’Éducation aux médias et à l’information. »
Jean-Christophe Theobalt (chargé de mission à la DG2TDC au sein du ministère de la Culture) : « Il faut de l’EMI tout au long de la vie et pas seulement dans le milieu scolaire. »
« On pense qu’il y a beaucoup plus de problèmes à l’Education aux médias et à l’information, dans les publics adultes. »
Audrey RADONDY (intervenante EMI pour La Chance) : « J’ai parfois l’impression qu’on s’excuse, nous les journalistes, de faire de l’EMI alors que ça fait sens. »
« Ce n’est pas considéré comme du journalisme alors qu’on co-construit avec les élèves, on fait du terrain, on se questionne. »
« Les revenus avec la carte de presse sont flous vis-à-vis de l’EMI. »
À retenir
Il faut faire attention à ne pas penser à l’Éducation aux médias et à l’information seulement à travers les écoles, mais aussi pour des publics plus âgés. C’est ce qu’ont confirmé les états généraux de l’information. De même qu’il ne faut pas seulement les ouvrir aux journalistes, mais aussi aux professeurs, par exemple. Tout en réaffirmant la légitimité des journalistes a pratiquer l’EMI notamment auprès de la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP). Surtout, ces acteurs doivent avoir accès à une formation complète sur les enjeux des médias et aussi des nouveaux outils numériques comme l’intelligence artificielle.
Les craintes économiques sont au cœur des débats avec les récentes coupes budgétaires. Il faut alors garder l’objectif du pluralisme et de l’indépendance de l’EMI ainsi que de continuer de travailler collectivement pour ne pas seulement trouver des solutions, mais aussi pouvoir les appliquer.
Angélina Richard (EPJT)