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IA et mésinformation, un fléau pour la jeunesse

Tours 2025

13 Mar 2025

Sensibiliser les jeunes aux dangers de la mésinformation des intelligences artificielles devient un enjeu primordial. Des cours d’Éducation aux médias et à l’information sont organisés. Mais est-ce suffisant ?
Jules-Yann SCHNEIDER/EPJT
Selon une étude menée par l’agence EdTech Diplomeo en mars 2023, 79% des 16-25 ans, sur un échantillon de 560 jeunes, utilisent les IA.

Dans le centre de documentation et d’information (CDI) du lycée professionnel Martin-Nadeau à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), mardi 4 mars, deux groupes d’élèves de seconde participent à un débat sur les intelligences artificielles (IA). À l’occasion d’un cours d’Éducation aux médias et à l’information (EMI), quatre élèves autour d’une table ronde sont désignés pour défendre cette technologie. Les autres, placés en face, doivent contester son utilisation. Malgré les divergences d’opinion, leur premier réflexe est le même : chercher des exemples d’arguments sur Chat GPT. Une habitude qui en dit long sur leur usage de l’IA au quotidien.

Selon une étude menée par l’agence EdTech Diplomeo en mars 2023, 79% des 16-25 ans, sur un échantillon de 560 jeunes, utilisent les IA. Cette familiarité se fait également ressentir sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram et TikTok qui s’adressent à un jeune public. Les publications générées par IA y sont nombreuses et souvent trompeuses. Elles alimentent la mésinformation : une information incorrecte ou erronée mais sans intention malveillante.

L’IA, un enjeu scolaire

Lors de son cours d’EMI, François Huguet, professeur d’histoire, met ses élèves en garde. Caroline, une des élèves, avoue avoir été trompée par une photographie réalisée par une IA. Celle du pape François en doudoune blanche. « J’ai partagé la photo avec mes amis. Je me suis rendue compte après que c’était faux. »

Autour de la table, ses sept camarades partagent à leur tour leurs expériences concernant les fake news générées par des IA sur leurs réseaux. La majorité affirme qu’il est facile de repérer ces contenus. « On a une meilleure connaissance d’internet, assure Yoann. On peut davantage se prémunir contre les IA et les fausses informations que nos parents. » Un avis que ne partage pas François Huguet à la fin du cours : « J’ai des doutes sur leur capacité à déterminer le vrai du faux. »

Malgré l’heure d’EMI dispensée chaque semaine, il est compliqué pour ces élèves d’assimiler les enseignements inculqués. « On n’a ni le temps ni l’envie d’aller vérifier chaque information, il y en a trop », explique Yoann.

François Huguet complète : « Nous donnons aux élèves les outils pour faire du “fact-checking” (vérification des informations). Ce n’est pas évident de sensibiliser aux IA. Nous ne disposons pas des compétences requises. » Selon Bastien Masse, conférencier sur les intelligences artificielles, « avant d’éduquer les élèves, il faut d’abord former les professeurs ».

À la rentrée 2025, en plus des cours d’EMI, les élèves du second degré (mais aussi les collégiens et professeurs qui le souhaitent) bénéficieront, sur la plateforme Pix, d’un parcours de formation dédié à l’IA. Une formation par laquelle les élèves comme les professeurs pourront se prémunir contre les dangers de l’IA. Durée : une heure. Est-ce bien suffisant ?

Jules-Yann SCHNEIDER/EPJT