Avec Pablo AIQUEL, secrétaire général du syndicat SNJ-CGT; Jean-Marie CHARON, sociologue des médias ; Antoine CHUZEVILLE, délégué syndical SNJ ; Elise DESCAMPS, secrétaire générale de la CFDT-Journalistes et Laurent MAURIAC, co-président du Spiil (Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne).
Les enjeux
Cette année, Jean-Marie Charon a étudié l’état de la presse indépendante d’information en ligne dans son baromètre social publié. Un constat : un statut précaire et un secteur très peu encadré. Après avoir exposé les résultats de ses recherches, les syndicats de la presse tentent d’y répondre au travers d’un « accord relatif à la classification et aux salaires minima des journalistes employés par les entreprises membres du Spiil » (Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne).
Ce qu’ils ont dit
Pablo AIQUEL (secrétaire général du syndicat SNJ-CGT) : « Jusqu’ici, il n’y avait aucun cadre, aucune régulation. C’est un premier pas. Mais maintenant, il faut que cela serve d’exemple pour d’autres types de presse. »
« On est signataires parce qu’on est en train d’augmenter les salaires d’énormément de personnes ! Il y a des augmentations pour les plus précaires. »
Jean-Marie CHARON (sociologue des médias) : « Le Spiil avait interrogé les entreprises sur ce secteur d’abandon : la fragilité économique, la fragilité de certains projets éditoriaux, la question des aides publiques et la dépendance directe ou indirecte aux plateformes de streaming ».
« Ce sont un peu plus de 2 000 journalistes qui travaillent sur le secteur, ce qui représente à peu près 6 %. »
Antoine CHUZEVILLE (délégué syndical SNJ) : « C’est l’aboutissement de deux ans de négociations. On y est parvenus ! »
« On a adopté une clause de revoyure dans l’accord, qui doit nous permettre de revoir la grille et améliorer les tarifs. »
Elise DESCAMPS (secrétaire générale de la CFDT-Journalistes) : « C’est une satisfaction ! Il faut soutenir la presse indépendante qui participe au pluralisme de l’information. Ce sont souvent des journalistes qui se lancent dans une aventure entrepreneuriale et nous, salariés, on est là pour participer à la création d’un cadre. »
« C’est important que les pigistes s’investissent. C’est un progrès pour eux qui étaient souvent payés en-dessous des barèmes. »
À retenir
D’après Jean-Marie Charon, plus de 2 000 journalistes travaillent dans ce secteur, soit environ 6 % de la profession. Il relève la précarité des emplois, marqués par des contrats courts. Les représentants des syndicats de la presse sont intervenus pour présenter leur accord signé quelques heures plus tôt, que Pablo AIQUEL (SNJ-CGT), Antoine CHUZEVILLE (SNJ), Elise DESCAMPS (CFDT-Journalistes) et Laurent MAURIAC (Spiil) jugent tous les quatre historique.
Il prévoit avant tout une augmentation des salaires, notamment pour les pigistes et ouvre la voie à des progressions de carrière plus simples. Heureux de leur consensus, les syndicats espèrent que de telles avancées auront lieu dans l’ensemble de la presse.
Martin Kretowicz (EPJT)