Le baromètre des Assises du journalisme de Tours a rendu son verdict jeudi 13 mars. Parmi les Français, 86% considèrent que le journalisme est utile. Sur un an le chiffre est stable, en légère hause d’un point.
« Ce résultat me paraît exceptionnel », réagit Céline Pigalle, directrice de l’information de Radio France. Selon elle, cela signifie avant tout que le public est conscient de la nécessité et de l’utilité des journalistes. Jean-Marc Four, directeur de Radio France Internationale, apparaît lui bien plus pessimiste : « Il faut bien distinguer utilité et confiance », nuance-t-il.
La confiance reste en berne
Si l’utilité est une question de fond, qui permet de savoir si la profession de journaliste reste nécessaire, elle ne signifie pas pour autant que les Français croient ce que les journalistes leur disent. D’après un autre baromètre récent (Verian), seuls 32 % des Français jugent qu’ils peuvent avoir confiance en ce que disent les médias traditionnels sur les grands sujets d’actualité.
Les causes de cette érosion de la confiance sont multiples. « Les réseaux sociaux, qui sont des propagateurs de fausses informations, sont évidemment en partie responsables », assure Jean-Marc Four. Et d’ajouter : « Il faut être conscient que nous, journalistes, sommes aussi responsables. Nos pratiques ne sont pas toujours exemplaires. »
Le baromètre des Assises prodigue aussi un enseignement intéressant : les Français raffolent des faits divers. Ils sont en effet 70 % à juger qu’ils ne sont pas trop présents dans les médias. Six Français sur dix considèrent même qu’ils doivent occuper une place aussi importante que l’actualité politique.
Antonin JOUISSE/EPJT