Avec Laurent BRUNEL responsable pédagogique pour la presse de proximité à l’ESJ Lille ; Isabelle HORLANS, journaliste faits divers-justice ; Phoebe HUMBERTJEAN, journaliste faits divers – Justice à La Nouvelle République ; Marianne RIGAUX, responsable pédagogique de Samsa.fr pour la presse de proximité et Frédéric THIERS, journaliste pour Le Dauphiné Libéré Savoie.
Les enjeux
Le fait divers local fait face à plusieurs défis. Pourquoi est-il toujours important de le traiter ? Comment entretient-on les sources locales ? Est-il possible d’améliorer la prévention et le soutien psychologique quand les personnes concernées sont souvent des proches ? Pendant une heure et demie, les journalistes ont partagé leurs expériences.
Ce qu’ils ont dit
Laurent BRUNEL (responsable pédagogique pour la presse de proximité à l’ESJ Lille) : « En local, on est à la source. La presse de proximité, c’est vraiment la base de toute information. Quand on entend quelque chose dans les médias nationaux, c’est qu’il y a déjà eu un travail de la presse de proximité. Il y a un énorme avantage quand on est localier : on connaît les lieux. »
« C’est bien d’avoir le numéro d’une ou d’un psychologue sur le frigo de la rédaction. Le fait divers en local, c’est difficile parce que ce sont souvent des gens qu’on connaît. Il y a d’énormes manques en matière de prévention et de suivi des journalistes. »
Isabelle HORLANS (journaliste faits divers-justice) : « L’école du fait divers vous donne toutes les ficelles de la débrouillardise. C’est une formidable école de vie et d’apprentissage du métier. »
« Quand les médias nationaux arrivent, c’est un véritable raz-de-marée. Ça nous met un coup terrible : ça nous fait prendre des directions qu’on n’aurait pas prises. »
« L’empathie, c’est quelque chose qui nous gagne et ne nous quittera jamais. »
Phoebe HUMBERTJEAN (journaliste faits divers – Justice à La Nouvelle République) : « Les fait divers, ce ne sont pas seulement des chiens écrasés. On enquête aussi et quand, par exemple, il se passe des choses qui touchent aux institutions, on le dit. »
« Il faut une extrême rigueur dans notre travail sinon on perd nos sources non-officielles. »
Marianne RIGAUX (responsable pédagogique de Samsa.fr pour la presse de proximité) : « Il arrive de plus en plus que des rédactions n’aient plus de pôle « police, justice ». Maintenant, chaque journaliste doit savoir faire du fait divers. Alors on propose des formations, pour les armer, aussi bien techniquement que moralement. Ça fait du bien à tout le monde. »
Frédéric THIERS (journaliste pour Le Dauphiné Libéré Savoie) : « Les journalistes parisiens ont souvent des informations en contactant directement les institutions, ce qui peut nous porter préjudice. »
À retenir
Les anecdotes ne manquent pas quand on couvre les faits divers pour la presse locale. Ces journalistes sont souvent les premiers à arriver sur le terrain. Leur bonne connaissance du territoire est un atout pour traiter rapidement de l’information, surtout quand des liens plus amicaux se sont noués avec les acteurs locaux. Ces liens privilégiés permettent d’aboutir à un travail d’enquête précis, dépassant le simple cas du « chien écrasé au bout de la rue ».
Mais les journalistes notent des manques en matière de formation et de suivi psychologique. Ils regrettent une confrontation à la violence, mal accompagnée, plus forte encore quand les concernés sont des connaissances.
Martin Kretowicz (EPJT)