Avec Catherine BRUERE, présidente du Tribunal Judiciaire de Tours, Christophe HONDELATTE, journaliste et présentateur d’Hondelatte raconte Europe 1, Marc MORIN, avocat pénaliste tourangeau, Catherine SORITA MINARD, procureure de Tours.
Animé par Catherine BOULLAY, chef de la rubrique médias et pouvoirs à La Lettre.
Les enjeux
Les faits divers fascinent. Entre novembre et décembre dernier, « Hondelatte raconte » a obtenu plus de 14 millions d’écoute. Au palais de justice de Tours, le journaliste Christophe Hondelatte retrace une affaire qu’il l’a marqué. Le récit est suivi d’une discussion autour de plusieurs sujets. Quels enjeux autour de la médiatisation ? Faut-il filmer les procès ?
Ce qu’ils ont dit
Christophe HONDELATTE (Europe 1) : « Des gens me disent : « Je vous écoute tous les jours, vous pensez que c’est grave ? ». D’autres, « on est partis en vacances avec les enfants. On a écouté vos podcasts. » Dans la salle, je suis sûr que vous m’écoutez pour vous endormir. »
Marc MORIN (avocat pénaliste) : « Le procès Mazan a été un tournant. Les victimes souhaitent désormais des audiences publiques. »
Catherine SORITA MINARD (procureure de Tours) : « Je ne suis pas favorable à la captation des procès. Sauf à titre pédagogique. »
À retenir
Après le récit de l’affaire Stéphane Moitoiret, fait par Christophe Hondelatte, la première rencontre des Assises aux assises a soulevé de nombreuses questions. Dans cette affaire, le journaliste évoque les problèmes liés à l’expertise psychologique. Les spécialistes ne sont pas d’accord. Est-il responsable ? Par six voix contre quatre, il sera jugé et condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Dans un fait divers récent, Christophe Hondelatte note que les médias ont davantage retenu l’obligation de quitter le territoire français que le profil schizophrène du suspect. Cela révèle un sujet de société plus important : la méconnaissance et la faible considération de la santé mentale.
Que se passe-t-il quand un trouble psychiatrique est méconnu ? Me Marc Morin a défendu le couple Courjault à partir de 2006, dans l’affaire des bébés congelés (Ndlr : trois nouveau-nés tués à la naissance par la mère entre 1999 et 2003). A l’époque, l’explication du déni de grossesse n’avait pas été retenu et la mère condamnée à 8 ans de prison. En 2017, une mère fait appel à l’avocat Marc Morin, dans une affaire de triple homicide similaire. Deux médecins diagnostiquent alors « un déni de grossesse de type envahissant » et elle est déclarée pénalement irresponsable.
Martin Colas (EPJT)